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 Quel rite et quels décors pour la Nauvoo Lodge?

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Commandeur Adama
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MessageSujet: Quel rite et quels décors pour la Nauvoo Lodge?   Lun 5 Nov - 1:06



Ce daguerréotype en date de 1850 montre un bon exemple de ce qu’aurait pu être des maçons de la Nauvoo Lodge en 1842.


Article d'Adama :


Les historiens restent divisé sur le rite pratiqué par la Nauvoo Lodge, certains pensent qu'il s'agissait du Rite Ecossais Ancien et Accepté, d'autres pensent au Rite d'York. La question n'est pas tranchée. Rappelons que le Rite Ecossais Ancien et Accepté est fondé sur 33 degrés (3 degrés traditionnels Apprenti, Compagnon et Maître - 30 degrés de Hauts Grades répartis en trois catégorie : Parvis, Chapitres, Aéropages). Le Rite d'York pour sa part, travaille au Grade de Maître, mais pratique aussi les deux autres degrés. Le Rite d'York possède aussi le "Mark Mason", et constitue une forme de maçonnerie héritée des "Anciens".

Certains aspects du fonctionnement de la Nauvoo Lodge semblent faire pencher la balance pour le Rite d'York, mais d'autres éléments nous font penser au Rite Ecossais. Il est possible également que la Loge ait pratiqué un rite composite, car à l'époque, le Rite Ecossais s'il avait été codifié au Convent de Charleston en 1802, les loges sur le terrain, n'avaient pas encore toutes entérinnée cette codification dans leur pratique. La situation était la même en Europe.


Concernant les décors, nous ignorons tout des tabliers et sautoirs utilisés. Au début du XIX e s. les maçons portaient encore des tabliers peinds qui étaient de véritables oeuvres d'art, dans la continuité du XVIII e s. et d'autres en portaient brodés. Quel fut le tablier de Joseph Smith ou de Brigham Young? Que sont-ils devenus? Le mystère reste entier. Des auteurs pensent qu'Emma Smith a détruit à la mort de son mari les régalia maçonniques de Joseph. Mais nous n'en avons pas de preuve.

Voici quelques exemples de tabliers qu'auraient pu connaître les Frères de la Nauvoo Lodge :










Un frère du mileu du XIX e s. en tenue de haut grade maçonnique



Un franc-maçon de l'époque victorienne en Angleterre avec sa famille.

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HELAMAN
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MessageSujet: Re: Quel rite et quels décors pour la Nauvoo Lodge?   Lun 11 Fév - 1:26

Adama,

As-tu eu l'occasion de dialoguer avec des frères américains d'Utah sur la question ?

Pour moi, la question du rituel est clé dans la relation entre FM et LDS.

Je vois beaucoup d'ouvrages passés sur l'histoire entre les deux organisations mais peu abordent cette question pourtant combien de religions rétablies pratiquent un rituel ?

Bien à toi.

Hélaman
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Commandeur Adama
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MessageSujet: Re: Quel rite et quels décors pour la Nauvoo Lodge?   Lun 11 Fév - 2:00

Cher Hélaman,

Oui tu as raison, la question du rituel est la clef de ses relations, sinon, cela fait longtemps que ce débat appartiendrais au passé. Quand tu parles de religions Rétablies, je pense que tu fais allusion aux autres mouvements de Saints ? qui sont shismatiques?

Si c'est cela, en effet, nous sommes les seuls à pratiquer un rituel du Temple, avec également certains "fondamentalistes" en-dehors de l'Eglise et le mouvement des Strangites qui pratique l'Ordre des Illuminatis spécifiques à eux. Mais tous les autres ne le font pas.

Oui bien sur, j'ai l'occasion d'en parler souvent avec le Pr. Forsberg, qui est un spécialiste de ces questions.

Son livre "EQUAL RITES" reste le plus documenté, l'as tu lu???? C'est un travail sérieux et universtaire sur ce problème.

Mais il n'y a pas que la question du rituel, les relations entre les premiers mormons et la Maçonnerie restent encore à ce jour énigmatique, comme par exemple le fameux conseil des 50 mis en place juste avant la mort de Joseph Smith, une sorte de super instance de l'Eglise, et qui comportait deux membres maçons et non SDJ à égalité avec les autres! De part la volonté de Joseph... Nous ne saurons sans doute jamais pourquoi Frère Joseph en avait décidé ainsi.

Cela démontre bien que cette affaire de relations entre les deux organisations est bien plus complexe qu'il n'y parait de prime abord...

Parler de plagiat de la part de Joseph Smith des rites maçonniques, comme le font certains auteurs, est une erreur profonde, il s'est passé autre chose sur le plan historique, et l'hypothèse d'un dépôt sacré de la part de l'Ordre des Maçons dans la jeune Eglise n'est pas à exclure, comme certaines pistes de recherche tendent à le montrer.

Le fait par exemple, que Joseph contracta dans ses mariages pluraux, un mariage avec la veuve Morgan, celle-là même dont le mari aurait été assassiné par des Maçons "mobs" suite à une divulgation du rituel maçonnique, est l'un des signes qui sont vraiment intéressants.

La présence de dignitaires maçons, comme le Grand Maître Jonas lors de l'allumage des feux de la Nauvoo Lodge est aussi curieuse, en effet, c'est comme si un Grand Maître actuel allait se déplacer pour l'ouverture des feux d'une obscure loge de province... en général comme tu le sais, ont laisse ce travail aux Grands Officiers d'une Obédience.

Au XIX e s. comme je l'ai déjà expliqué au Pr. Forsberg, le fameux Léo Taxil, a attaqué avec une rare virulence la Maçonnerie comme chacun sait, mais également la jeune Eglise de Jésus-Christ. Il villipende alors John Taylor, qui est président de l'Eglise à l'époque de Taxil comme Grand Maître secret de la Franc-Maçonnerie mondiale... C'est quand même curieux, qu'un libelliste français, anti-maçon, prenne la peine de dire ces choses, qui mêmes si elles relèvent d'élucubrations, restent d'actualité à l'époque, car c'était dans l'air du temps... l'Eglise naissante été encore auréolée d'une véritable aura maçonnique parmi les Gentils... Comme par hasard, mais est-ce un hasard, le fameux Bertrand, le second baptisé Français, était un Franc-Maçon écossais... comme par hasard.... mais le hasard n'existe pas.

Pourquoi ces choses?

C'est un énorme travail qu'il convient de faire ici, de défricher avec prudence et rigueur.

La réalité pourrait être surprenante et encore plus fascinante que toutes les hypothèses.

N'oublions pas la polémique aux USA sur le 13e degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté, qui mets en scène la découverte d'une plaque d'or sur lequel est gravé le nom de Dieu. Des historiens y ont vu l'influence des maçons Mormons, voir de Joseph Smith en personne sur la Maçonnerie, d'autres y ont vu le contraire, l'influence de la Maçonnerie sur Joseph, mais il y a dans ce dernier cas un hic, nous savons que Joseph Smith, à moins de la preuve du contraire par documents, n'a pas dépassé le troisième degré maçonnique, c'est à dire l'Exaltation à la Maîtrise.

Tout simplement parce que la folie des hommes l'a emporté bien trop tôt.

Nous savons aussi, que quelque chose devait exister aussi, une sorte de Franc-Maçonnerie discrète et indépendante au sein même de l'Eglise d'origine. La présomption en est d'une part, ces étranges photographies de Brigham Young portant toujours l'équerre et le compas, en Utah, alors qu'officiellement, la Maçonnerie avait rompue avec la Nauvoo Lodge, et en avait retirée la patente. Ces photos peuvent être consulter par n'importe quelle personne, auprès des archives de l'Eglise, elles comportent bien l'équerre et le compas, c'est indéniable.

Autre piste, à la mort du Prophète, l'apostat James Strang compose immédiatement l'Ordre des Illuminatis, dont la structure est quasi identique à la Maçonnerie, et qui sert pour ce mouvement schismatique, de rituel et d'intiation à la spiritualité. C'est quand même curieux, de plus ce nom des Illuminatis, reprend directement le nom de l'Ordre fondé par Adam Weishaup en Europe centrale, et qui a alimenté depuis bien des fantasmes.

Il serait très important, dans ces recherches que nous entreprenons de dégager l'histoire maçonnique du Frère de Joseph Smith : Hyrum Smith qui à ce jour est mal connue.

On sait qu'Hyrum était devenu maçon très tôt, bien avant la fondation de l'Eglise en 1830, et qu'il aimait aussi beaucoup la Franc-Maçonnerie. Quel fut le rôle d'Hyrum en Maçonnerie? A-t-il joué un rôle auprès de son frère avec la Maçonnerie?

Je soupçonne Hyrum d'avoir poussé Joseph dans la Franc-Maçonnerie, il faudrait étudier de très près le rôle d'Hyrum Smith dans ce dossier.

Enfin et il est très important que tu n'oublies pas cette autre piste, l'affaire de l'Ephrata Cloister en Pennsylvanie, qui était un établissement de Rose-Croix allemands ayant émigré sous la conduire de Frater Conrad Beissel.

Nous savons d'un point de vue historique que la famille Whitmer était liée aux Rose-Croix de l'Ephrata Cloister, nous savons aussi que les Rose-Croix d'Ephrata furent les premiers à baptiser les morts dans le fleuve Susquehana.... Comme par hasard une fois de plus!

D'ailleurs il existe un parallélisme étonnant entre la personnalité de Conrad Beissel et celle de Joseph Smith, tous deux ont eu des théophanies dans des bois sacrés, l'un en Allemagne, l'autre en Amérique, et tous deux se sentaient investis d'une mission prophétique.

Il faudrait aussi documenter sérieusement l'assertion selon laquelle Joseph Smith jeune, aurait fréquenté par sa relatation avec David Whitmer, ce qui restait de l'Ephrata Cloister...

J'ai écrit voici un an environ, au conservateur du Musée de l'Ephrata Cloister en Pennsylvanie, pour lui demander des informations sur ces choses.

Il m'a répondu que bien que ces éléments soient connus en effet localement, il est difficile de trouver des documents attestants ces choses, et il faudrait entreprendre sur place, de vraies recherches historiques qui pourraient apporter des éléments nouveaux et même révolutionnaires sur tout cela.

Pour Clyde Forsberg, ce sont des éléments importants qu'il faudrait en effet étudier de très près.



Photographie montrant l'Ephrata Cloister en Pennsylvanie, avec reconstitution des Rose-Croix qui l'habitaient, dont la tenue était une grande robe blanche immaculée, ces Rose-Croix avaient la couverture auprès des autres habitants de Pennsylvanie d'être des piétistes. Ils avaient même construit un Temple, dont le symbolisme puisait ses racines dans l'ascèse mystique et l'Alchimie spirituelle.

Tu peux trouver dans la partie "conférence" du blog principal du Kolob Order le texte du travail que j'ai présenté au K.O. sur ce domaine méconnu, mais qui propose des axes de recherches sérieux et novateurs.

Voici l'adresse URL de la conférence sur l'Ephrata Cloister :

http://koloborder.blog4ever.com/blog/lirarticle-18187-200057.html


Bien à toi.

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MessageSujet: Re: Quel rite et quels décors pour la Nauvoo Lodge?   Lun 11 Fév - 9:04

L'Ephrata Cloister en quelques mots :

CONRAD BEISSEL ET LE EPHRATA CLOISTER EN QUELQUES DATES

(pour une visite virtuelle du Cloister: http://www.ephratacloister.org/index.html; peut-être d’ailleurs vaudrait-il mieux dire Kloster, car on y parlait allemand)

1691: naissance de Conrad BEISSEL, à Eberbach, sur la rivière Neckar

1710/1711: BEISSEL voyage de ville en ville pour son apprentissage de boulanger; en particulier, il connaît bien Mannheim et Heidelberg, où il fréquente des sociétés secrètes de mystiques et de piétistes; les succès féminins de ce beau garçon l’obligent parfois, sous la pression de maris peu compréhensifs, à quitter une ville en urgence; BEISSEL se convainc (sincèrement, mais oui, mais oui) des vertus du célibat (le vrai, associé à la chasteté) et de l’ascétisme pour réussir la transformation complète et le développement des pouvoirs latents qu’il attend de sa démarche spirituelle

1720: arrivée de BEISSEL en Amérique; il espérait rejoindre la secte ésotérique de KELPIUS (bizarrement nommée «Woman in the Wilderness», dont il ignorait la disparition;

1721: BEISSEL construit sa première cabane sur la rivière Conestoga (à l’emplacement de ce qui deviendra Cocalico); il y vit avec un compagnon et enseigne les enfants des immigrés allemands

1723/24: arrivée en Amérique des Dunkards; relations complexes entre eux et BEISSEL, qui en reste suffisamment proche pour y recruter des disciples, mais aussi suffisamment éloigné; dès qu’il lui semble que son indépendance est menacée, il éprouve le besoin de vivre en ermite… Parmi les Dunkards qui passeront au Ephrata Cloister, on note Alexander MACK junior; les frères ECKERLING, qui disputeront le pouvoir à BEISSEL, l’épouse de Christopher SAUER; et les sœurs Anna et Maria EICHER, dont la cadette, Maria, sera la prieure des Vierges Spirituelles, ou Roses de Saron, c’est à dire la fraternité féminine du Cloister

1729: naissance officielle de Cocalico Township.

1732: BEISSEL va vivre en ermite en un lieu que les Indiens appellent le trou du serpent (nom qui donnera plus tard Cocalico); des disciples viendront le rejoindre; les cabanes deviennent peu à peu des bâtiments conventuels, c’est le début tout à la fois du Ephrata Cloister et du village de Cocalico; la rupture officielle avec l’Eglise Dunkard intervient sur deux points; d’une part l’importance que BEISSEL attache au célibat; et d’autre part le respect du Sabbat; BEISSEL trouve vital de célébrer le sabbat le samedi et non le Dimanche… Certes, c’est dans la Bible… Mais on est quand même surpris de cet accès de fondamentalisme chez cet homme qui privilégie largement son expérience perso; en fait, BEISSEL veut être son propre chef, et tout prétexte est bon pour rompre avec les Dunkards; rupture qui n’est d’ailleurs jamais assez totale pour l’empêcher de recruter chez les disciples de MACK… Les deux sectes resteront jumelles, pas seulement à cause de l’opportunisme de BEISSEL, mais aussi en raison des liens d’amitié; il importe de garder à l’esprit que, malgré son désir d’être le chef, BEISSEL est, à bien des égards, une personnalité estimable

1734: entrée au Cloister des frères ECKERLING; construction d’un four à pain commun et d’un magasin pour les pauvres; la vie économique s’organise sur un mode communautaire

1735: décès d’Alexander MACK, chef des Dunkards; BEISSEL assiste aux funérailles et y montre un chagrin sincère… Si sincère que, touchés, certains disciples de MACK, orphelins de leur chef, entrent au Ephrata Cloister

1735: entrée au Cloister de Peter MILLER, un pasteur réformé qui succèdera à BEISSEL à la tête du monastère; cette défection est un grave coup dur pour l’Eglise réformée locale; d’une façon générale, les Eglises classiques (luthériens et réformés) manquent de pasteurs, car ce sont les sectes qui organisent les voyages en Amérique; en revanche, les fidèles ne manqueraient pas

1736: la communauté prend le nom d’Ephrata (synonyme de Bethléem dans la Bible)

1736: visite de responsables de l’Eglise Morave, qui cherchent à fusionner; résistance du Cloister, qui tient à son indépendance

1736: arrivée de la Princess Augusta, avec à bord Durs THOMMEN et Benedict YOUCHLI; notre navire a l’honneur d’être connu des chroniques du Cloister, qui mentionnent que THOMMEN et YUCHLI viennent directement au Cloister, lequel semble bien avoir été le but de leur voyage; le lecteur moderne en est un peu surpris, car le Cloister était à peine en cours de formation; l’information a circulé vite…; cependant, THOMMEN et YOUCHLI ne réussirent pas à recruter pour le Cloister au delà de leur famille proche; malgré tout (si l’on tient compte du fait que la famille THOMMEN est nombreuse), la Princess Augusta amène un recrutement important par rapport aux effectifs du Cloister, qui ne furent jamais gigantesques; cela fait le deuxième «grand» recrutement après celui de 1735 dû à la mort d’Alexander MACK; il n’y en aura pas d’autres



1735/36 et après: les cabanes cèdent peu à peu la place à des bâtiments conventuels méritant le nom de cloître; le processus de construction des bâtiments est complexe; on construit, on détruit, on reconstruit; d’une façon générale, les Frères (ce raisonnement ne s’applique pas aux Sœurs) ne montrent guère d’enthousiasme à voir s’édifier ce qui finira par ressembler à un monastère; ils craignent (à juste titre) d’y perdre de l’autonomie et préfèrent vivre dans des petites cabanes; le cloître finit quand même par se construire; la vie s’organise autour de trois communautés (hommes célibataires, femmes célibataires, familles); le travail est communautaire et la propriété privée rejetée; l’ascétisme est de rigueur (en fait, frères et sœurs sont affamés et efflanqués); une communauté de familles existe à côté des communautés de célibataires masculins et féminins, mais ses membres sont un peu considérés comme faisant les choses à moitié; les pratiques mystiques sont rigoureuses; les légendes se développent; on parle d’une empreinte de pied qu’un frère aurait laissée au plafond du cloître (en fait, l’empreinte avait été laissée lors de la construction du bâtiment, avant que la poutre en question ait été installée au plafond); tout ceci ne doit pas faire oublier la simple et grande charité des frères, qui explique qu’un village (Cocalico) se développe bientôt autour du cloître; même avant que le Cloister connaisse la réussite économique dont nous allons parler, BEISSEL s’estima toujours assez riche pour construire des cabanes en rondins pour les nouveaux immigrés, et pour leur fabriquer du pain; il n’a pas oublié son métier d’ancien boulanger; les fours à pain sont un des éléments qui comptent au Ephrata Cloister

1738: financé par Benedict YUCHLI, le bâtiment appelé Sion sort de terre; c’est le lieu des activités de la mystérieuse Fraternité de Sion, qui semble avoir eu une certaine indépendance à l’intérieur du Cloister; sous la direction de ECKERLING, on y trouve en particulier des EICHER et Benedict YUCHLI; l’occultisme semble y être poussé encore plus loin que le rosicrucianisne de BEISSEL, lequel paraît ne pas tout savoir de ces cérémonies; on parle même de pratiques initiatiques dangereuses, d’élixir, de matéria prima, de cérémonies secrètes datant du temps de Pharaons…; en tous cas, Benedict YUCHLI paraît assez vite avoir fait le tour de ce qui lui est proposé, et ne pas prendre au pied de la lettre ces sémantiques extraordinaires; les vieilles Chroniques nous le présentent relatant avec fierté la ruse qu’il utilisa pour sortir: il fit croire qu’il avait encore de la fortune en Suisse et qu’il voulait aller la chercher pour la donner à la collectivité; cet épisode se produit sans doute peu de temps après les débuts de la Fraternité de Sion, puisque YUCHLI meurt à Philadelphie en 1741

1737: le Cloister ressemble maintenant vraiment à un monastère, malgré la résistance qu’y a mis la communauté masculine; l’habit est inspiré de celui des Capucins; on vit dans des bâtiments de type conventuel

1739: début des activités éducatives sous la responsabilité de frère OBED; le Cloister sert d’école de village, mais bien plus que ça, puisque les élèves viennent même de Philadelphie et de Baltimore; on peut même y étudier le latin

1740 - 1745 (environ): Israel ECKERLING, un ancien Dunkard, est nommé Prieur, c’est à dire qu’il a en charge la vie matérielle; il y réussit, au point de presque transformer le Cloister en entreprise commerciale; c’est une dure période pour le Cloister; la fratrie ECKERLING cherche a prendre le pouvoir, si bien que le Cloister se divise en clans: pour les ECKERLIN ou pour BEISSEL; ce dernier perd même un temps le pouvoir; s’ajoute des difficultés avec Christopher SAUER, l’imprimeur de Germantown: son épouse l’avait abandonné pour devenir une des Vierges Spirituelles (elle lui revient en 1744); finalement, plusieurs membres quittent le Cloister, souvent des personnes qui ont été des Dunkards: les ECKERLING, Alexander MACK junior

1741: mort de Benedict YUCHLI à Philadelphie

1745: le Cloister a sa propre imprimerie

1748 - 1751: à la demande de Mennonites, le Cloister entreprend la traduction et l’édition du Martyrenspiegel; il s’agit d’un ouvrage de dimensions considérables: 1514 pages à traduire, relire, composer, imprimer, relier, avec le peu de moyens qui existaient à l’époque

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MessageSujet: Re: Quel rite et quels décors pour la Nauvoo Lodge?   Lun 11 Fév - 9:07

MODE DE VIE DU CLOISTER

Il y a trois communautés: les Frères, les sœurs et les couples mariés, mais le célibat est préféré; frères et sœurs vivent séparément; l’ascétisme est strict; la nourriture est strictement végétarienne et peu abondante; bavarder, rire, siffler, attire des froncements de sourcils; le temps de sommeil est bref; la nuit est entrecoupée d’offices;

Le travail est à l’honneur et même, au temps des ECKERLING, le Cloister ressemble à une entreprise: papeterie, imprimerie, verger, moulin, fabrication de fleurs en papiers, calligraphie, poterie, vannerie, enseignement…; non seulement le Cloister est totalement autonome au plan matériel, mais en plus il pratique largement la charité et sert d’élément structurant à la contrée; en peu d’années, autour de lui, les villages d’Ephrata et de Cocalico prennent de l’importance; comme les frères et sœurs ne sont pas payés et peu nourris, l’entreprise est rentable, mais le profit n’est pas privatisé; c’est ce que, dans l’Amérique des premiers jours, on appelle le «Communalism», à ne pas confondre avec le communisme de Karl MARX; la révolte des frères et même des sœurs contre ce régime fera beaucoup pour la défaite des ECKERLING et permettra à BEISSEL de reprendre le pouvoir qu’il avait perdu un temps

L’activité éditoriale est importante; le monumental Martyrenspiegel en est la pièce maîtresse, mais les presses du Cloister, qui fonctionnent en permanence, produisent aussi des recueils d’hymnes, des livres de piété et des Chroniques, par lesquelles la vie de Cloister est bien connue… Peut être même un peu trop dans le détail, car chaque petite dispute a laissé un récit en archives, ce qui fait qu’on a parfois tendance à voir la vie du Cloister par le petit bout de la lorgnette, oubliant ce que le Cloister avait d’estimable; n’oublions pas non plus que le Cloister publie des textes contre l’esclavage; il est une des rares Eglises à être sans ambiguïté sur ce point

La musique est à l’honneur. Il paraît que les chants du Cloister sont tout simplement divins.

Frères et sœurs impressionnent fort le voisinage par leur aspect: des êtres efflanqués, vêtus en moines catholiques, marchant en silence à la queue le leu de jour comme de nuit; on parle de leurs pratiques occultistes et de leurs supposés pouvoirs magiques; on parle d’une empreinte de pied qu’un frère aurait laissée au plafond comme s’il volait (en fait l’empreinte de pied a été faite lors de la construction de la pièce, avant que la planche en question soit fixée au plafond)

La communauté féminine, dirigée par Mother Maria EICHER, conserve son indépendance par rapport à la communauté masculine; BEISSEL la soutient de toute son énergie; d’une façon générale, et sans qu’il s’agisse de «se constituer un harem», il préfère nettement fréquenter les sœurs, qui sont autant d’admiratrices, plutôt que les frères, qui lui disputent volontiers le pouvoir.

L’école du Cloister est réputée. Les meilleures familles y envoient leurs enfants. On y vient de Philadelphie et même de Baltimore.

Le Cloister a de nombreux amis très estimables: des descendants de William PENN, Benjamin FRANKLIN (un fidèle ami du Cloister). Le Cloister est connu jusqu’en Europe; VOLTAIRE en fait l’éloge dans son Dictionnaire philosophique: parmi les visiteurs qui l’honorent de leur présente: Thomas PENN et Lady Juliane, le gouverneur William DENNY, le Comte de ZINZENDORF, David RITTENHOUSE, le Duc de LA ROCHEFOUCAULT-LIANCOURT, et j’en oublie…

En même temps, dans le voisinage, les critiques vont bon train, surtout quand une brave épouse et mère décide d’abandonner sa famille pour rejoindre les rangs des Vierges Spirituelles; on voudrait bien pouvoir accuser BEISSEL de se constituer un harem, mais c’est impossible, car son attitude est sans ambiguïté; à demi-mot, on l’accuse de sorcellerie, surtout quand on est allé le voir pour protester et qu’on est reparti sous le charme




1755-1763: les troubles de la Guerre de Sept Ans affectent gravement la population de la région; des familles sont chassées de leurs fermes par les attaques indiennes; le Cloister manifeste à cette occasion une charité sans faille

1768: décès de BEISSEL; il est remplacé à la tête du Cloister par Peter MILLER (1710-1796); ce dernier est un ancien pasteur réformé, diplômé de l’université de Heidelberg; il lui manque le charisme de BEISSEL, mais il a une formation théologique solide et un équilibre personnel; la vie économique du Cloister trouve un point d’équilibre qui n’est ni l’indifférence à la BEISSEL pour les questions matérielles, ni le mercantilisme à la ECKERLING ; malgré cela, le Cloister est passé de mode et va vers sa fin

1777: c’est la guerre révolutionnaire; le Colonel Baltram GALBRAITH, muni d’un ordre de réquisition pour du papier, entre en vociférant; ne trouvant pas de papier à la papeterie, il se rend à l’imprimerie et s’empare d’exemplaires imprimés, mais non reliés, du Martyrenspiegel (Martyr’s mirror); les soldats en feront des étuis qu’ils rempliront de poudre pour en faire des cartouches;




il paraît qu’à la bataille de Brandywine, on recevait des cartouches avec le texte du Martyrenspiegel dessus…; d’une façon générale, les relations avec les autorités révolutionnaires sont ambiguës; la non-violence du Cloister est peu appréciée; celui-ci fait valoir qu’il a traduit la déclaration des Droits de l’Homme en plusieurs langues, mais il ne semble pas que ce travail ait été imprimé

11 septembre 1777: bataille de Brandywine;






Cette bataille de la Guerre Révolutionnaire est une grave défaite pour les troupes américaines; les blessés affluent au Cloister, qui est pourtant à 70 miles (une centaine de kilomètres) du champ de bataille; ils n’ont pas d’hôpital plus près et ils arrivent comme ils peuvent, en charrette ou à pied pour ceux qui peuvent marcher; c’est une marche pitoyable qui approche; le Cloister se transforme en hôpital pour les accueillir; les maladies contagieuses s’ajoutent aux blessures; la contagion frappe soignants et soignés, si bien que leur charité coûte la vie à ne nombreuses sœurs et à quelques frères, dont le dévouement ne faiblit pas pour autant; dans l’affolement, on ne pense pas à relever les noms, si bien que les soldats qui meurent sont enterrés dans un fosse commune avec cette simple épitaphe: «Hier ruhen die Gebeine von viel Soldaten» («Ici reposent les restes de nombreux soldats»)

1777 - : le Cloister commence à décliner; la vie conventuelle n’est plus à la mode; les grandes personnalités sont mortes; les rangs des religieux, jamais très fournis, ont été éclaircis par la contagion lorsque le Cloister était transformé en hôpital; les critiques du voisinage sont permanentes

1850 - : le Cloister se compose de bâtiments plus ou moins inoccupés, qui tombent en ruines, et dans lesquels quelques frères et sœurs survivent parce qu’ils n’ont pas ailleurs où aller; cependant, autour de lui et grâce à lui, les villages de Cocalico et d’Ephrata se sont développés et comportent une population importante

aujourd’hui: le Cloister a été restauré et transformé en musée


Cet article synthétique du à Mr Pierre Badon montre l'histoire "profane" de l'Ephrata Cloister, mais c'est déjà très intéressant.

Source : http://badonpierre.free.fr/princess2/f044.html

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MessageSujet: Re: Quel rite et quels décors pour la Nauvoo Lodge?   Lun 11 Fév - 9:13

AVEC CONRAD BEISSEL, VERS 1715, AUX ENVIRONS DE HEIDELBERG ET DE MANNHEIM


Allemagne, année 1715. Un jeune boulanger, Conrad BEISSEL, voyage d’une ville à l’autre, à la fois pour apprendre son métier et pour expérimenter toutes les sectes dissidentes à la recherche de la régénération spirituelle.

Il est né à Eberbach, dans le Palatinat, en 1690 ou 1691, et fut très tôt orphelin. Ses activités d’apprentissage l’amenèrent, entre autres, à Strasbourg, à Mannheim (il dut en partir en urgence après, semble-t-il, une aventure avec la femme de son patron, qu’il appelait une Jézabel, et qui lui donna pour toujours le goût du célibat), puis à Heidelberg, où il fait des rencontres tout à fait mystérieuses.


A force de chercher son chemin de secte en secte, le voici parmi les Rose-Croix! Je ne le croirais pas si l’information ne provenait du Chronicon Ephratense, c’est à dire des chroniques mêmes du Ephrata Cloister dont BEISSEL sera le fondateur. A vrai dire, avant de m’intéresser à l’étude de la Princess Augusta, je ne croyais même pas que la Rose Croix ait existé ailleurs que dans la légende.

A Heidelberg, donc, BEISSEL est le disciple d’un érudit nommé HALLER, qui recherche les faveurs de Sophia, la sagesse divine. Le petit groupe de disciples se réunit secrètement au fond des bois.

Malgré ces précautions, il faut fuir.

De refuge en refuge, BEISSEL croise la route d’autres persécutés, les piétistes qui suivent Alexander MACK, et que l’on appelle aussi les frères de Schwarzenau, ou les Dunkards (« plongeurs ») parce qu’ils baptisent par immersion.

Nous ne saurons jamais si BEISSEL est un Rosicrucien déguisé en chrétien piétiste, ou un bon chrétien ayant parfois tendance à user d’un vocabulaire mystique (la Sophia...). Et pourtant, ce n’est pas faute qu’il ait écrit... Le Ephrata Cloister possède la plus belle imprimerie de l’Amérique de son temps, et il s’en sert. Pour autant, le doute demeure, car les sémantiques les plus différentes coexistent dans l’abondante production écrite du Ephrata Cloister, ce qui est d’ailleurs tout à fait fascinant.

Ajoutons un détail qui compte: être rosicrucien, ou occultiste, ou membre d’une secte se situant à l’extrême bord du christianisme, cela attirait la répression; la clandestinité était de rigueur; tout était fait pour que les autorités ignorent à qui elles avaient affaire exactement; et, si les autorités de l’époque étaient dans l’embarras, le chercheur d’aujourd’hui l’est plus encore; il n’a pas plus de moyens qu’eux pour trancher le problème.

La relation de BEISSEL avec les disciples de MACK est curieuse: il les fréquente en Allemagne; il part en Amérique la même année; il les fréquente encore en Amérique, mais sans être membre; il en profite un peu: plus charismatique que MACK, il le fréquente en fait juste assez pour lui chiper des disciples; bref, quand on considère le côté humain, les individus concrets concernés, on a le plus grand mal à distinguer ces deux sectes (les Dunkards de MACK et les disciples de BEISSEL) l’une de l’autre.

Pourtant, au plan des idées, MACK et BEISSEL sont aux antipodes l’un de l’autre. Le premier est, certes, assez dissident pour pratiquer le baptême par immersion, geste dont le côté scandaleux ne doit pas être sous-estimé. Rebaptiser par aspersion, c’est déjà grave à l’époque, mais rebaptiser par immersion, cela revient à dire, en plus: «Non seulement je rebaptise mais en plus je ne m’en cache pas, et si vous n’êtes pas content, c’est le même prix». Mais, à part cela, MACK ne jette pas les institutions ecclésiastiques aux orties; d’ailleurs, aujourd’hui, sa petite Eglise, qui continue d’exister, fait partie de ces sectes conservatrices bon teint qui font le charme de l’Amérique profonde; au contraire, BEISSEL est peut-être au moins aussi rosicrucien que chrétien; il joue l’ambiguïté avec brio; malgré l’abondante production éditoriale du Ephrata Cloister, ce point n’est pas tranché et les historiens qui connaissent le dossier continuent d’en débattre.

Il est indiscutable que BEISSEL a quelque chose de rosicrucien, puisque le Chronicon Ephratense le reconnaît; mais il n’en est pas moins vrai qu’il lui arrive aussi de prendre la Bible au pied de la lettre comme un bon vieux barbu fondamentaliste... Enfin surtout quand ça permet de monter en épingle un désaccord avec les Dunkards et de gagner ainsi son indépendance en tant que chef d’une secte différente d’eux; il y a à ce propos une incroyable controverse: BEISSEL estime de la plus haute importance que le sabbat soit fêté le samedi et non le Dimanche, et fait scission d’avec les Dunkards sous ce prétexte. Ce qui n’empêche que ses prédications partent plus souvent de son expérience spirituelle perso que de la Bible. L’éventail des doctrines présentes au sein du Cloister a quelque chose de difficilement explicable

Il y a, chez BEISSEL, un indiscutable côté «gourou» qui n’attire guère la sympathie; en même temps, c’est le contraire d’un prédateur; malgré la présence d’une cour d’admiratrices, il s’en tient strictement à son idéal de chasteté; au plan financier, il est d’une inépuisable charité avec les nouveaux immigrants et, durant les guerres, avec les victimes. L’architecture du Cloister comporte des fours à pains un peu partout. BEISSEL n’oublie pas qu’il fut boulanger, et même maître boulanger après que sa guilde eut reconnu qu’il avait inventé une nouvelle recette de pain, ce dont il n’était pas peu fier. Les fours du Cloister fonctionnent à plein régime pour ceux qui manquent de pain. C’est à peu près la seule structure «sociale» qui existe en Amérique. BEISSEL a le don d’aimer et le don de plaire. Ces Dunkards à qui il prend des disciple, il les aime. A la mort d’Alexander MACK, son chagrin est si sincère qu’il amène au Cloister plusieurs disciples de ce dernier, dont son fils Alexander MACK junior. Tous ne sont pas des idiots et des dupes.

Fascinant et mystérieux BEISSEL... Il est impossible d’en faire le tour...

Et figurez vous que ce diable d’homme a des connexions, indirectes bien sur, avec les censiers suisses de la cense du Bas Lachamp au Ban de la Roche.

En tous cas, ce qui est sur, c’est que, lorsque Durs THOMMEN et Benedict YUCHLI affrètent la Princess Augusta pour partir en Amérique, c’est BEISSEL qu’ils vont rejoindre.


Source : http://badonpierre.free.fr/princess2/f026.html


L'auteur de l'article en effet est surpris, peut-être même gêné de voir le lien entre Beissel et la Rose-Croix. Il faut savoir qu'il existerait des archives sur Beissel en France, achetée par l'Ordre de la Rose-Croix AMORC dans les années 1920. Je dois rencontrer l'archiviste de cet ordre en Normandie, pour étudier justement ces documents, afin de voir, si je trouve des éléments en rapport avec la famille Whitmer notamment. A l'époque de Joseph Smith et de David Whitmer, l'Ephrata Cloister avait cessé d'exister en tant que tel, mais il restait encore d'une part des Rose-Croix dans la ville d'Ephrata, et le lien avec l'un des membres de la famille Whitmer reste à définir. En tout cas, le souvenir de l'Ephrata Cloister restait vivace, et les bâtiments + le Temple Rose-Croix d'Ephrata était toujours en place comme "neuf" à l'époque de la jeunesse de Joseph Smith. (Ces bâtiments sont devenus de nos jours un musée).

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MessageSujet: Re: Quel rite et quels décors pour la Nauvoo Lodge?   Lun 11 Fév - 9:16

ENTRE ECOLES CHRETIENNES ET ESOTERISME, DES FRONTIERES FLOUES...


La notion de transformation de l’homme est au centre de la problématique; on peut parler de transmutation, d’éveil, d’illumination, de transfiguration, et peut-être même, mais à voix basse, de divinisation. Cette idée de transformation complète, si complète qu’elle en modifie la nature humaine et en repousse les limites, est «dans l’air du temps» de l’époque; ceux qui poussent cette idée le plus loin sont bien sur les tenants de l’ésotérisme, mais en réalité, l’idée se retrouve, sous une forme atténuée, dans toutes les écoles y compris classiques; chez les Dunkards, on utilise volontiers le terme «éveillé»; au Ban de la Roche, le pasteur OBERLIN, qui œuvre à l’intérieur de l’Eglise luthérienne, utilisera plus tard le mot «régénéré»; même aujourd’hui, les protestants américains ont gardé quelque chose de cette idée de transmutation, puisqu’ils font un large usage des mots «born again»... Usage probablement trop large, car il paraît que la moitié des Américains estiment être «born again» (! ! !); même l’Eglise catholique dit parfois que la sainteté devrait être le lot commun du Chrétien s’il consacrait l’énergie qu’il faut à sa vie spirituelle...

On constate donc, que les frontières entres écoles chrétiennes classiques et ésotérisme sont plus floues qu’il y paraît, même si certaines Eglises crient volontiers au satanisme sans que rien le justifie; les exemples qui précèdent nous ont montré ce qui conduit d’excellents chrétiens à user d’un vocabulaire et d’une imagerie sans rapports avec la Bible: on comprend que, tout simplement, ils ont eu l’expérience de grands rêves ou de visions, et nous les ont relatés tels quels... Pas de quoi convoquer les exorcistes...

Il reste que la question se pose de savoir combien de temps on reste chrétien quand on centre sa démarche spirituelle sur son expérience personnelle, qui comporte rarement des contacts avec les personnages de la Bible, et plus souvent des grands rêves s’exprimant dans le vocabulaire des archétypes et des symboles de l’inconscient; on se demande même si l’idée de privilégier l’expérience personnelle est compatible avec l’idée de donner une autorité spéciale à la Bible, car l’Esprit souffle où il veut, comme il veut, quand il veut, et s’exprime dans les termes qu’il veut, Bibliques ou pas. La façon de résoudre cette contradiction différait selon les sectes, et parfois à l’intérieur de la même secte, et parfois même à l’intérieur de la même personne, selon les moments.




1623: des affiches sont apposées sur les murs de Paris, annonçant la présence dans la ville de la fraternité Rose Croix

1648: les traités de Westphalie réaffirment la règle du Cujus Regio Ejus Religio: l’homme du peuple a la religion de sa région, c’est à dire de son seigneur; lequel a le choix entre Catholicisme, Luthérianisme ou bien (c’est une nouveauté par rapport au traité d’Augsbourg) Calvinisme; les diverses petites sectes allemandes se sentent exclues du partage, et ont tendance à mettre dans le même sac toutes les Eglises «officielles»: catholiques, luthériens et réformés; cette distinction entre les «trois grandes» (Eglises) d’une part, et les petites sectes d’autre part, nous la retrouverons en Pennsylvanie, où elle prendra la forme de l’opposition entre «Plain» et «Gay»

1691: naissance de Conrad BEISSEL, à Eberbach, sur la rivière Neckar

1694: fonctionnement en Amérique de la secte ouvertement rosicrucienne Woman in the Wilderness, autour du leader Johannes KELPIUS; la secte ne survit que peu de temps à la mort de KELPIUS en 1708; c’est cette secte que BEISSEL souhaitait rejoindre, mais elle a cessé d’exister quand il arrive en Amérique

1690/1720 (environ): Disciples de Kelpius, de Labadie, de Beissel, Quakers, plus tard Shakers: on trouve à cette époque, sur le sol américain, de nombreuses petites sectes ayant pour caractéristiques de n’être pas particulièrement conservatrices; la propriété est collective (en contrepartie, l’admission se fait après sélection); la femme est souvent traitée en égale (les Shakers préconisent même de ne pas avoir d’enfants); la liberté de pensée est totale (la Bible est parfois oubliée; nous avons vu qu’il y a des sectes ésotériques; il y a même des religions sans dogmes comme les Quakers)

1700 - : en théorie, le piétisme est le doctrine prêchée par Philipp Jacob STENER, né à Ribeauvillé en Alsace en 1635; mais on prend l’habitude d’utiliser le mot « piétiste » dans une grande variété de sens; le mot se réfère à l’expérience personnelle: un piétiste essaie de vivre le christianisme de l’intérieur de façon intense, il a une expérience spirituelle personnelle, ce qui est en principe louable, comme le laisse penser la sémantique, puisque on reconnaît la racine du mot «pieux»; on ne saurait reprocher à un chrétien d’être pieux; en réalité, le mot peut désigner des personnes un tout petit peu en marge de la hiérarchie, comme le pasteur OBERLIN au Ban de la Roche, mais aussi des personnes que leur expérience personnelle entraîne... Euh... entraîne là où elle le veut, c’est le propre de l’expérience de se développer librement, c’est le propre de l’esprit de souffler à où il veut... En un mot comme en cent, le mot «piétiste» peut aussi être une formule prudente par laquelle les groupes les plus hétérodoxes se désignent eux-même; les disciples d’Alexander MACK se désignaient aussi bien comme «piétistes» que comme «anabaptistes»

18ème siècle? naissance de la franc-maçonnerie; les liens exacts de la franc-maçonnerie avec le rosicrucianisme et l’occultisme seraient à étudier plus au fond; en tout état de cause, la franc maçonnerie est omniprésente dans l’Amérique des premiers jours; durant la révolution américaine, il y a des franc maçons dans les deux camps

Ce qu'expose ici Pierre Badon est fort intéressant.

Source : http://badonpierre.free.fr/princess2/f028.html

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MessageSujet: Re: Quel rite et quels décors pour la Nauvoo Lodge?   Lun 11 Fév - 9:25

J'oubliais de dire également que les fameux Shakers, dont une part non négligeable se convertira à la religion Mormone, sont un mouvement qui avait aussi de forts liens avec les Rose-Croix.

Le site de cette loge américaine :

http://www.thebluelodge.org/alt_freemasonry-198/others_research_about_freemasonry_and_rosicrucianism-9487/index2.html

En a écrit tout un article.

Les responsables Shakers auraient été lié à la Rose-Croix également. Ce qui tend à démontrer que le lien entre Rose-Croix et tous ces mouvements piétistes et autres, sont importants, et peut-être font parti de cet idéal de Régénération de la Foi que professaient les anciens R + C.

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MessageSujet: Re: Quel rite et quels décors pour la Nauvoo Lodge?   Lun 11 Fév - 12:51

Merci infinement pour cette réponse détaillée. Cela met de l'ordre dans mes recherches.

H.
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MessageSujet: Re: Quel rite et quels décors pour la Nauvoo Lodge?   Lun 11 Fév - 15:02

Re bonjour Helaman!

Je viens d'avoir la confirmation ce matin, par une thesarde sur le problème Rose-Croix à la Sorbonne, que la Rose-Croix en tant que mouvment se trouvait fortement implanté en Allemagne d'une part (la plupart des grands textes rosicruciens sont en langue allemande et anglaise), et qu'ils avaient bien des liens avec toute une foule de mouvements mystiques, piétistes, etc. Donc c'est une donnée historique, mais dont la recherche ne fait que commencer, étant donné que le champ de recherche est immense.

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MessageSujet: Re: Quel rite et quels décors pour la Nauvoo Lodge?   Aujourd'hui à 21:25

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