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 Le symbolisme des deux colonnes du Temple de Salomon

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Commandeur Adama
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MessageSujet: Le symbolisme des deux colonnes du Temple de Salomon   Lun 8 Juin - 17:46

Construit à partir de la géométrie sacrée, le Temple était divisé en trois lieux essentiels en relation aussi bien avec le macrocosme (ou monde cosmique) que le microcosme (ou monde individuel):

Le Vestibule (“Oulam”), relié à la Terre dans le macrocosme et au corps dans le microcosme, humain et inondé par la lumière du jour.
Le Saint lieu (“Hikal”), associé à l'Atmosphère dans le macrocosme et l'âme humaine dans le microcosme, reçoit la lumière du jour réfléchie.
Le Saint des Saints (“Debhir”), représentant le Ciel dans le macrocosme ou l'Esprit dans le microcosme, est plongé dans l'obscurité.
Sur les deux côtés du Vestibule, se tenaient deux colonnes appelées Jakin et Boaz, disposées le long d'un axe “vertical” qui a son équivalent tant dans le macrocosme que le microcosme.



L'axe du microcosme
L'axe symbolise la voie spirituelle suivie par l'être humain qui entend s'élever constamment et atteindre finalement la pleine réalisation. Dans les limites du microcosme, cette direction, appelée “sushumnâ”, s'étend de la base de la colonne vertébrale à la couronne de la tête et se prolonge au-delà. Le long de “sushumnâ” se trouvent les “chakras”, centres subtils de l'individu. Leur éveil successif correspond aux différentes étapes le long de la voie axiale de la pleine réalisation. Le passage d'un état à un autre consiste toujours en une mort dans un cycle précédent et une naissance dans le cycle suivant. Ce processus de mort et re-naissance, appelé initiation, a lieu dans le Temple, creuset du voyage intérieur et image symbolique du Cosmos ou du monde manifesté. Les étapes essentielles du développement de l'être humain peuvent être reliées aux trois domaines mentionnés précédemment:

Le corps est associé à la naissance physique.
L'âme ou la psyché est en relation avec une seconde naissance. Liée au domaine des possibilités subtiles de l'individualité humaine, cette seconde naissance consiste en une ré-génération psychique produisant un être humain centré et correspond l'initiation aux petits mystères accessibles par la porte des hommes.
L'Esprit, rattaché à une troisième naissance, relève de l'ordre spirituel et non plus psychique. Elle donne accès au domaine des possibilités supra-individuelles associées à la porte de dieux et l'initiation aux grands mystères.
Dans la forme traditionnelle hindoue, la porte des hommes donne accès au “pitri-yâna”, la voie des ancêtres ou des êtres d'un cycle précédent, et la porte des dieux s'ouvre sur le “dêva-yâna”, la voie des dieux. Bien que relevant du même processus d'initiation, les deux portes diffèrent néanmoins quant à leurs finalités.

Après sa manifestation dans un certain stade de développement au sein du Cosmos, du Temple ou de la caverne cosmique, l'être franchira l'une ou l'autre porte en fonction du degré spirituel atteint.

La porte des hommes ouvre l'accès à l'état d'être primordial, intermédiaire entre l'homme ordinaire et l'être spirituel. Si l'être n'a pas atteint la ré-génération psychique complète, il re-passera la porte des hommes et se re-trouvera dans un nouveau cycle du monde manifesté.

L'être psychiquement ré-généré pourra alors emprunter la porte des dieux pour passer du monde individuel au monde spirituel et quitter définitivement le monde manifesté. En d'autres termes, la porte des hommes est une sortie-entrée tandis que la porte des dieux représente la seule sortie définitive de la caverne cosmique, but ultime de l'initiation.


L'axe du macrocosme
Cette notion peut être éclairée par le concept de sphère céleste couvrant l'horizon et utilisé en astronomie pour représenter le mouvement apparent des étoiles et des “astres errants” dans le ciel.

Dans les diverses formes traditionnelles, la sphère céleste et l'horizon sont des représentations des mondes céleste et terrestre. Ils sont reliés par l'intermédiaire d'un axe “vertical” dénommé Axe du Monde. Comme la sphère céleste correspond dans le microcosme à la couronne de la tête, l'axe du macrocosme devrait prolonger la colonne vertébrale de l'être jusqu'au Zénith. Néanmoins, les étoiles tournent en apparence autour d'un axe qui perce la voûte céleste au voisinage de l'étoile polaire. Aussi, l'axe joignant les pôles célestes Nord et Sud est plus approprié pour caractériser le macrocosme que l'axe Zénith-nadir qui, lui, se rapporte davantage au microcosme ou monde individuel.

La forme biblique prend en considération le lever du soleil, l'aube, la région émergente entre l'obscurité et la lumière. Ainsi que l'explique la description de la sphère céleste, l'orbite apparente du soleil ou écliptique se déplace en direction du Pôle Nord céleste entre les solstices d'hiver et d'été et vers le Pôle Sud céleste entre les solstices d'été et d'hiver. Il s'ensuit que le point associé au soleil levant se meut le long de l'horizon en direction du nord terrestre quand le soleil de midi s'élève vers le Nord céleste. Inversement, quand le soleil de midi descend vers le Sud céleste, le point du soleil levant glisse le long de l'horizon en direction du sud terrestre. La phase ascendante est naturellement associée à la voie des dieux (“dêva-yâna”) et la descendante à la voie des ancêtres (“pitri-yâna”).

La phase ascendante, allant du solstice d'hiver au solstice d'été en direction du Nord céleste, correspond à la voie de la clarté; la phase descendante, menant du solstice d'été au solstice d'hiver en direction du Sud céleste, s'apparente à la voie obscure. Cela est en plein accord avec la “Bhagavad-Gitâ” qui dit: “feu, lumière, jour, lune croissante, semestre ascendant du soleil vers le nord” sont les signes lumineux qui mènent à Brahma; “fumée, nuit, lune décroissante, semestre descendant du soleil vers le sud” sont les sombres signes de la voie du retour au monde manifesté.

Ainsi, la porte des dieux ne peut être qu'associée au solstice d'hiver et la porte des hommes au solstice d'été comme dans le diagramme du plan de l'horizon suivant:

L'angle formé par les deux directions associées au lever du soleil aux solstices d'hiver et d'été dépend de la latitude du lieu de l'observateur.

_________________


Et veillez à avoir la foi, l'espérance et la charité; alors vous abonderez toujours en bonnes oeuvres. En souvenir des Néphites qui présidaient aux cérémonies initiatiques dans la forêt de Zarahemla et qui en fut le secret... DAT ROSA MEL APIBUS
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MessageSujet: Re: Le symbolisme des deux colonnes du Temple de Salomon   Lun 8 Juin - 17:47

Les colonnes du Temple du Roi Salomon


A ce stade, nous sommes en mesure d'identifier les colonnes du Temple avec les deux portes. Pour y être autorisés, nous devons connaître où se trouvaient les deux colonnes Jakin et Boaz. Leur situation découle de l'orientation du Temple. Pour les uns, le Temple était orienté le long d'un axe est-ouest et ouest-est pour les autres. Selon la Bible, il ne devrait pourtant pas y avoir d'ambiguïté sachant qu'en hébreu “droite” signifie toujours sud et “gauche” nord, indication d'une orientation tournée vers l'est. De plus, les chroniques mentionnent: “quant à la Mer de bronze, il l'avait placée à distance du côté droit (sud-est), donc du côté de Jakin”. En conséquence, le Temple était construit comme sur le schéma suivant:
En se tournant vers l'est, le temple se présente comme les deux feuillets d'un livre grand ouvert où la page de droite se lit avant la gauche (en hébreu), où la voie de droite (sud) précède la gauche (nord), celle qui débouche sur un autre monde, une fois la page tournée.
Ces deux aspects évoquent les deux visages du dieu romain de l'initiation, Janus, avec sa face droite tournée vers le passé et le recommencement et sa face gauche regardant vers le futur, sans espoir de retour en arrière (vers le passé).
Un rapprochement avec les formes traditionnelles maçonniques s'impose ici. Notons que dans les Rites Maçonniques Écossais et Français, la Loge est orientée selon l'axe ouest-est à l'instar des églises du Moyen Âge, une orientation apparemment opposée à celle du Temple Jérusalem.
Cependant, dans le Rite Écossais (Ancien et Accepté), Jakin et Boaz sont respectivement placées au sud-ouest et au nord-ouest. Ainsi, Jakin pouvait être assimilée au solstice d'hiver et Boaz au solstice d'été. En dehors du fait que les colonnes sont face au soleil couchant plutôt que levant, il n'y a pas de réelle différence avec la disposition du Temple de Salomon.
Dans le Rite Français, au contraire, Jakin et Boaz sont situées respectivement au nord-ouest et au sud-ouest. En conséquence, Jakin est associée au solstice d'été et Boaz au solstice d'hiver. Cette inversion par rapport à la disposition du Temple de Jérusalem correspond à une vision exclusivement terrestre (au lieu de céleste) où la voie de la clarté est tournée vers la pleine lumière ou le sud terrestre (au lieu du Nord céleste) et la voie de l'obscurité orientée en direction des ténèbres ou du nord terrestre (au lieu du Sud céleste). En effet, cette inversion est conforme à la “Table d'émeraude” qui stipule: “ce qui est en haut (dans l'ordre céleste) est comme ce qui est en bas (dans l'ordre terrestre)” et inversement. Ou encore selon les paroles de l'évangile, “les premiers (au Ciel) seront les derniers (sur Terre)”.
De fait, ces deux dispositions reflètent deux perceptions d'une même réalité à des niveaux différents (céleste et terrestre).
Nous pouvons trouver, dans l'identification de Jakin et Boaz respectivement à la porte des dieux et à la porte des hommes une confirmation de leur dénomination.

  • Boaz traduit la force, mais autre que physique. Elle évoque une force supérieure, la force spirituelle de conscience de l'indestructibilité de l'être réel, l'Esprit.
  • Jakin exprime la solidité, la stabilité; elle signifie que l'initié a dépassé le stade des fluctuations humaines et atteint l'état de l'Être se tenant dans l'éternel présent.

Notons que l'orientation du Temple s'accorde parfaitement avec le symbolisme de la caverne cosmique. En effet, le Vestibule était éclairé par la pleine lumière du soleil visible (lumière extérieure), le Saint lieu par la lumière indirecte du soleil (lumière réfléchie) et le Saint des Saints par le soleil invisible ou spirituel (lumière intérieure), aussi appelé soleil de minuit dans l'ésotérisme islamique. De sorte que les soleils visible et invisible ne pouvaient être respectivement associés qu'à la lumière (est) et à l'obscurité (ouest). L'obscurité ne doit pas être entendue ici en tant qu'absence de lumière, mais comme son principe non manifesté, la source invisible à l'origine de son aspect manifeste ou visible.
Le lien entre le Saint des Saints et l'initiation aux grands mystères fait comprendre clairement pourquoi son accès était restreint au(x) Prêtre(s) en tant que représentant(s) du pouvoir spirituel.
L'admission du postulant au Saint lieu s'effectuait par une double porte frontale située entre les deux colonnes. Placé au “centre” du Saint lieu et se tournant vers l'est, il était en mesure de voir le soleil se lever, à toute époque de l'année, dans l'intervalle défini par les colonnes. Autrement dit, les colonnes touchaient extérieurement les côtés de l'angle délimité par les deux directions des levers du soleil aux solstices. Cela a pu être de quelque conséquence pour la construction du Temple de Salomon en tant que caverne cosmique.



Symbolisme architectural des colonnes du Temple


Les deux directions du lever et coucher du soleil aux solstices d'hiver et d'été représentent les diagonales d'un rectangle dénommé “rectangle solsticial”. Leur point d'intersection définit le centre du rectangle. Le rapport de ses côtés et l'angle de ses diagonales dépendent de la latitude du lieu de l'observateur. Le schéma ci contre donne ces valeurs pour Jérusalem située à la latitude de 31,8° nord. Pour plus de détails sur sa détermination, consulter la position sur la sphère céleste sur ce site.
Les éléments rassemblés dans la chronique d'Ézéchiel (consulter par exemple le site Ézéchiel 41) fournissent quelques données, exprimées en coudées, qui se rapportent aux dimensions “intérieures” du Temple et figurent sur le schéma suivant.
Si nous superposons, à l'échelle appropriée, le “rectangle solsticial” au plan du Temple, nous voyons que ce dernier peut être recouvert par deux de ces rectangles. Le fait que les deux rectangles solsticiaux ne constituent pas un recouvrement parfait peut résulter de diverses raisons 1, mais cela n'a que peu de conséquence pour notre sujet. En effet, seuls les deux aspects suivants sont importants du point de vue symbolique:

  • L'orientation des deux rectangles: l'un tourné vers l'est, l'autre vers l'ouest.
  • Les centres des deux rectangles: l'un dans le Saint lieu, l'autre dans le Saint des Saints.

Les deux rectangles ne peuvent être associés qu'aux deux portes: le plus bas, faisant face à l'est et au soleil levant, à la porte des hommes; le plus haut, faisant face à l'ouest et au soleil couchant, à la porte des dieux. En relation avec le soleil levant, le rectangle du bas implique un retour à la pleine lumière du soleil de midi et au sud; en liaison avec le soleil couchant, le rectangle du haut signifie la disparition dans la nuit et contemplation du soleil de minuit, au nord. 2
Les centres des deux rectangles symbolisent le lieu où le postulant se voyait capable de s'ouvrir à l'Esprit, au soleil levant ou couchant. L'officiant tourné vers l'ouest assiste à la disparition du soleil visible et à l'apparition du soleil invisible, au nord. Placé face à l'est, il pouvait voir le soleil se lever, entre le solstice d'été et le solstice d'hiver, juste dans l'angle délimité par le centre et les bords des deux colonnes. À titre de curiosité, cela a pu être de quelque conséquence pour le lieu d'implantation des colonnes.
Dans la mesure où les colonnes sont situées dans le vestibule dont les dimensions sont connues et touchent les bords extérieurs de l'angle précédent, elles ne pouvaient être éloignées davantage du mur frontal que ne le montre le schéma suivant. Un simple calcul nous permet d'évaluer cette distance.
Selon les chroniques bibliques, les colonnes ressemblaient à des cylindres de 12 coudées de circonférence ou de 1,9 coudée de rayon comme le montre le schéma ci-dessous.
Dès lors

CD = CB/cos(28°) = 2,2
DH = AH − AD = AH − (AC+CD)
DH = 10 − (1,9+2.2) = 5,9
Comme

OJ = 10/tan(28°) = 18,9
OH = DH/tan(28°) = 11,2
Nous obtenons

OK = OJ − KJ = 18,9 − 11 = 7,9
KH = OH − OK = 11,2 − 7,9 = 3,3
Ainsi, les colonnes n'étaient qu'à 1,4 coudée (3,3 − 1,9) du mur frontal et, en conséquence, proches de celui-ci.


Bibliographie



René Guénon:
“Symboles de la Science sacrée”. Éditions Gallimard 1962;
Notamment, les chapitres sur le symbolisme de la forme cosmique.
“L'homme et son devenir selon le Vêdânta”. Éditions Traditionnelles 1991;
Spécialement, le chapitre XXI sur le “voyage divin”.
Jean Ferré:
“Dictionnaire des symboles maçonniques”. Éditions du Rocher 1997.
David Fontana:
“Le langage secret des Symboles”. Éditions France Loisirs.

1 retour Entre autres raisons, le manque de données précises sur les dimensions du Temple et, en particulier, sur l'épaisseur des murs ainsi que sur les mesures azimutales du soleil levant à l'époque de Salomon. De plus, pour approcher les conditions d'observation astronomique, la réfraction des rayons solaires, due à la variation de la densité de l'air, devrait être prise en compte.
2 retour Notons que l'église du Saint Sépulcre à Jérusalem est également construite sur la base de deux rectangles semblables à ceux du temple de Salomon.

Source : http://users.skynet.be/lotus/colonne/col0-fr.htm

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