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 PIETISTES, ROSICRUCIANISME ET FRANC-MACONNERIE

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MessageSujet: PIETISTES, ROSICRUCIANISME ET FRANC-MACONNERIE   Lun 11 Fév - 9:18

Toujours dans le cadre de nos recherches, voici un élément à verser au dossier : le lien entre piétisme, rosicrucianisme et maçonnerie :

15 - Les premiers « rosicruciens » d'Amérique

par Christian Rebisse

Dans les chapitres précédents, nous avons tenté de montrer comment le rosicrucianisme s'inscrit dans l'histoire générale de l'ésotérisme occidental. Après avoir évoqué sa genèse, depuis le XVIIe siècle jusqu'à la Première Guerre mondiale, nous allons maintenant nous intéresser plus spécifiquement à l'Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix, connu sous le sigle AMORC. Cet ordre, fondé par Harvey Spencer Lewis (1883-1939) pour rénover et réactiver la tradition rosicrucienne, constitue en effet l'un des mouvements ésotériques les plus importants qui ait jamais existé. De nos jours, il possède des loges et des grandes loges dans la plupart des pays, et compte près de 250 000 membres dans le monde.

Notre but n'est pas de présenter en détail l'ensemble de l'histoire de l'AMORC, car cela dépasserait le projet de cet ouvrage, mais de situer cet ordre dans l'histoire de l'ésotérisme, en montrant ses origines et en présentant quelques-unes des phases les plus importantes de son développement. Pour ce faire, nous utiliserons des informations données par Harvey Spencer Lewis dans plusieurs textes, le plus connu d'entre eux étant Le Voyage d'un pèlerin vers l'Est, écrit en 1916. Cependant, ce dernier comportant des éléments qui ne doivent pas être pris à la lettre, nous étudierons une autre version de ce récit. Celle-ci constitue en quelque sorte l'autobiographie d'Harvey Spencer Lewis et présente la même histoire, mais sous un angle parfois différent, plus « ésotérique » que la précédente, qui fut écrite pour le grand public. Précisons que cette autobiographie n'a jamais été publiée intégralement. Nous nous appuierons également sur les articles parus dans les diverses revues de l'Ordre, telles que The American Rosæ Crucis, Cromaat, The Triangle, The Mystic Triangle ou Rosicrucian Digest (1), qui concernent le sujet qui nous intéresse ici. D'une manière générale, nous ne garderons que leurs éléments essentiels, délaissant ceux qui relèvent davantage du romantisme que de l'histoire. Par contre, nous utiliserons les nombreux documents figurant dans les archives de la Grande Loge Suprême de l'AMORC, car ils permettent d'éclairer de façon intéressante les faits rapportés symboliquement ou approximativement dans les textes qui ont été publiés jusqu'à ce jour.

Tout d'abord, il est important de souligner qu'Harvey Spencer Lewis place l'Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix dans la continuité d'activités rosicruciennes jadis implantées dans son pays à la fin du xviie siècle. Aussi ne parle-t-il pas de « création » mais de « réveil », considérant qu'il met en œuvre le deuxième cycle du rosicrucianisme en Amérique. Pour étayer cette position, Harvey Spencer Lewis se base sur les recherches que Julius Friedrich Sachse (1842-1919) a exposées dans ses livres : The German Pietists of provincial Pennsylvania 1694-1708, paru en 1895, et The German Sectarians of Pennsylvania 1708-1742, datant de 1899. Cet auteur, descendant de piétistes allemands, était conservateur et bibliothécaire du temple maçonnique de Philadelphie. Dans ses livres, il évoque l'histoire des émigrants qui s'installèrent en Amérique à la fin du xviie siècle. Ces voyageurs, sous la direction de Johann Jacob Zimmermann puis de Johannes Kelpius, accompagnaient des piétistes venus implanter une communauté en pennsylvanie. Julius Friedrich Sachse les décrit ainsi :

Une assemblée d'adeptes [partisans] théosophes – appelons-les piétistes, mystiques, chiliastes, rosicruciens, illuminati, cathares, puritains, ou autres –, qui en Europe avaient formé selon leurs croyances mystiques, ce que l'on nomme un « Chapitre de perfection », et qui arrivaient alors dans le Nouveau Monde pour mettre à exécution le projet longuement entretenu de fonder une véritable communauté (rosicrucienne) théosophique ; partant vers la jungle ou désert à la manière des Esséniens du passé, à l'instar également de Moïse, Élie et d'autres personnages bibliques, pour se parfaire en sainteté, se préparant de cette manière pour le millénium qu'ils croyaient être proche ; ou dans le cas où leurs calculs les auraient induits en erreur quant à la fin de toutes choses terrestres, la communauté se révélerait être un noyau à partir duquel les membres individuels seraient qualifiés pour se présenter à nouveau parmi les hommes comme des hommes saints, aptes à convertir des villes entières et à produire des signes et des miracles (2).

Julius Friedrich Sachse voit donc dans ces émigrants des rosicruciens. Cependant, plusieurs auteurs ont critiqué cette thèse. Le premier, Arthur E. Waite, considère que les recherches de Julius Friedrich Sachse versent dans le romantisme, et que les éléments qu'il apporte ne permettent pas de tirer de telles conclusions. Pour lui, le fait que certains de ces piétistes aient manifesté de l'intérêt pour l'astrologie, la kabbale ou les œuvres de Jacob Boehme n'est pas suffisant pour les qualifier de rosicruciens (3). Un autre auteur, Serge Hutin, déclare que ces émigrants ne peuvent guère justifier d'une parenté avec le mouvement rosicrucien (4). Pour tenter de comprendre les choses, il faut s'interroger sur leur origine. Or, il est un fait que le piétisme est marqué par l'ésotérisme et n'est pas sans rapport avec le rosicrucianisme. Ajoutons que Johannes Kelpius et Johann Jacob Zimmermann, tous deux piétistes, ont fréquenté Tübingen, ville ô combien marquée par la présence de la Rose-Croix.

Le piétisme

Le piétisme, fondé en Allemagne par le pasteur Philipp Jacob Spener (1635-1705), naît de la crise que traverse le luthérianisme au xviie siècle (5). Il s'offre comme une réponse possible aux troubles qui affectent les luthériens à la suite de la guerre de Trente Ans (1618-1648)(6). Partisan d'une humanisation de la religion, Philipp Jacob Spener met l'accent sur l'expérience religieuse personnelle et sur la vie intérieure. Il incite ses contemporains à une praxis pietatis, une piété individuelle, une pratique propre à la sanctification et conduisant à la seconde naissance qui marque la régénération intérieure. À partir de 1670, il organise des collegia pietatis, des collèges de piété, à l'intérieur des paroisses luthériennes. Dans ces petits groupes, on étudie la Bible et on aborde les mystères qui ne peuvent habituellement pas être traités devant la foule des chrétiens. Selon Antoine Faivre, il existe « des analogies frappantes entre la structure des sociétés initiatiques et le piétisme », et « les collegia pietatis furent vraiment, en un sens, les prédécesseurs des loges spéculatives (7) ». En Allemagne, ce mouvement prend rapidement de l'ampleur, et les collèges se multiplient au point d'inquiéter les autorités luthériennes. Grâce au dynamisme d'August Hermann Francke (1663-1727) qui dirige la faculté de Halle, le piétisme connaît bientôt un grand rayonnement et installe des communautés en Inde et en Amérique.

On considère généralement Johann Arndt comme l'inspirateur de ce mouvement. Rappelons que ce théologien luthérien, médecin et alchimiste, était le père spirituel de Johann Valentin Andreæ et le mentor du cercle de Tübingen (8), le groupe qui est à l'origine de la publication des Manifestes rosicruciens. À la fois mystique et alchimiste, il a tenté d'intégrer l'héritage paracelsien à la théologie médiévale, et a développé l'idée d'une alchimie intérieure, d'une renaissance spirituelle, concept que reprend Philipp Jacob Spener. Johann Arndt voulait détourner les hommes de la théologie polémique pour les ramener à une foi vivante et à une pratique de la piété. Promoteur de L'Imitation de Jésus-Christ (1441), l'un des ouvrages fondamentaux de la Devotio moderna (9), il est surtout connu pour Les Quatre Livres du vrai christianisme, écrits entre 1605 et 1610. Cette œuvre est l'un des textes chrétiens les plus lus dans le monde, et les piétistes la considéraient comme leur seconde Bible. Philipp Jacob Spener publiera d'ailleurs en 1675 son Pia Desideria, le texte fondateur du piétisme, en préface à une réédition de cet ouvrage. Il est intéressant de noter également que Johannes Kelpius emportera en Amérique les œuvres de Johann Arndt.

Les idées de Johann Valentin Andreæ, l'auteur des Noces chymiques de Christian Rosenkreutz, eurent également une certaine influence sur le piétisme. Comme l'indique Roland Edighoffer, la Societas christiana, société idéale prônée par Johann Valentin Andreæ, annonçait « le vaste et fructueux mouvement du piétisme […] (10) ». Ce mouvement est aussi le fruit d'échanges d'idées avec les protestants anglais. Les Allemands sont en effet influencés par les puritains britanniques, à la recherche d'un christianisme épuré, plus proche de celui des premiers disciples du Christ. En retour, les piétistes ont une certaine influence sur la spiritualité anglaise, en particulier sur le méthodisme de John Wesley et George Whitefield.

Boehmisme et kabbale

Le fondateur du piétisme, Philipp Jacob Spener, est ouvert aux doctrines jugées habituellement comme hérétiques (11). Bien que n'étant pas véritablement kabbaliste, il est l'auteur d'un poème sur les sephiroth et se montre assez bienveillant envers la doctrine de Jacob Boehme (1574-1624). De nombreux piétistes se passionnent d'ailleurs pour la kabbale et pour les théories du théosophe de Görlitz. Parmi eux figurent quelques personnalités majeures, comme Gottfried Arnold (1666-1714), qui fut l'un des protégés de Philipp Jacob Spener. Il fut un proche de Johann Georg Gichtel (1638-1710), continuateur et éditeur de l'œuvre de Jacob Boehme à Amsterdam. Gottfried Arnold fut également lié à Pierre Poiret (1646-1719), boehmiste et disciple de Madame Guyon, qui a exercé une certaine influence sur le piétisme. Le comte Nicolas Louis de Zinzendorf (1700-1760) et Friedrich Christoph Oetinger (1702-1782), deux autres figures éminentes, sont également fortement marqués par la pensée du théosophe de Görlitz. Le premier, qui dirige une communauté rassemblant près d'un millier de piétistes à Herrnhut, aime utiliser la symbolique alchimique. Comme Jacob Boehme, il emploie l'expression de « teinture » pour qualifier le sang régénérateur du Christ. Il subit l'influence de la kabbale et est très marqué par les idées de réforme de Jean Amos Comenius. Le second, Friedrich Christoph Oetinger, père du piétisme souabe, tente de marier la théosophie boehmiste avec la kabbale. Enfin, comment ne pas évoquer le pasteur silésien Knorr de Rosenroth (1636-1689), boehmiste et éminent kabbaliste, auteur de Kabbala denudata (1677), véritable bible de la kabbale chrétienne ? Johannes Kelpius, sans doute à l'époque où il est étudiant à l'université de Tübingen, a l'occasion de rencontrer ce kabbaliste dont les doctrines ne manqueront pas de l'influencer. En partant pour l'Amérique, il emportera avec lui les œuvres de Jacob Boehme.

Le millénarisme Bien que le piétisme ne puisse pas être considéré comme un mouvement millénariste, cette tendance se retrouve dans plusieurs de ses composantes. D'une manière générale, cette attitude est une conséquence de la crise traversée par l'Allemagne au XVIIe siècle, crise religieuse engendrée par la Réforme, mais également crise économique provoquée par des conditions météorologiques désastreuses. On qualifie en effet cette période de « petit âge glaciaire ». À cela s'ajoutent des épidémies de peste qui déciment la population. Ces drames, que chacun peut vivre au quotidien, entraînent un regain d'intérêt pour la théorie des trois âges de l'univers formulée par Joachim de Flore et la pensée apocalyptique (12).

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MessageSujet: Re: PIETISTES, ROSICRUCIANISME ET FRANC-MACONNERIE   Lun 11 Fév - 9:19

Sans être millénariste, Philipp Jacob Spener n'échappe pas lui-même à cette influence, et en 1664, il soutient une thèse sur le sixième ange de l'Apocalypse. Johann Wilhelm Petersen est l'un de ceux qui manifestent le plus cette tendance. Avec son épouse, Eleonor von Merlau, l'une des figures caractéristiques de cette époque, il visite les groupes piétistes du Wurtemberg pour y annoncer la fin des temps et exposer la théorie de l'apocatastase, la régénération universelle finale (13). Johann Jacob zimmermann (1642-1693) est en relation avec ce couple étrange. Cet ancien étudiant de l'université de Tübingen, théologien, mathématicien, astronome et astrologue, s'adonne lui aussi aux calculs prophétiques. Il considère que l'année 1694 sera celle du Millenium, c'est-à-dire l'année du retour du Christ. C'est pour préparer cet événement qu'il souhaite s'installer sur une terre vierge, en Amérique. Avec Johannes Kelpius (1673-1708), un autre étudiant de Tübingen, il rassemble un groupe de disciples pour faire ce grand voyage.

Le chef de file du piétisme du Wurtemberg, le philologue Johann Albrecht Bengel (1687-1752), considéré comme le père de la critique textuelle de la Bible, pratique lui aussi les mathématiques prophétiques et compose des traités sur les « âges du monde (14) ». Comme beaucoup de piétistes, il vénère Johann Arndt, qu'il considère comme l'ange dont parle l'Apocalypse de Jean (14, 6), c'est-à-dire celui qui annonce le Jugement. Il est d'ailleurs intéressant de signaler que dans le Wurtemberg, et plus particulièrement dans ce que l'on appelle la mouvance rosicrucienne, Johann Arndt était parfois regardé comme l'incarnation d'Élie, celui qui, selon la prophétie, devait précéder le retour du Christ. À ce titre, certains voyaient en lui l'Elias Artista annoncé par Paracelse (15).

La Philadelphian Society et le millénarisme anglais

D'une manière générale, ce n'est qu'à la fin du xviie siècle que les piétistes cessent de voir dans leur époque les prémices du retour du Christ, estimant que Dieu a donné à l'humanité un sursis afin qu'elle fasse la preuve de sa foi. Comme les quakers, ils tentent alors d'implanter dans le monde des communautés vivant selon les préceptes divins. Les piétistes de Halle financent leur établissement en Inde et dans les colonies d'Amérique du Nord, en Pennsylvanie et en Géorgie.

À la suite de conflits ayant entraîné la fermeture des collèges piétistes d'Erfurt en 1691, Johann Jacob Zimmermann et Johannes Kelpius se lancent dans un projet d'émigration vers l'Amérique. Accompagnés d'un groupe de disciples, ils quittent l'Allemagne en 1693. Leur voyage les conduit d'abord à Rotterdam, où meurt Johann Jacob Zimmermann. Johannes Kelpius prend alors la tête de l'expédition, et Heinrich Bernhard Köster devient son adjoint, tandis que Johannes Seelig, Daniel Falkner, Daniel Lütke et Ludwig Biedermann l'assistent. Trente-quatre autres frères se joignent à eux, et le groupe embarque pour l'Angleterre. Arrivés à Londres, les quarante voyageurs entrent en contact avec les boehmistes anglais (16).

Ces derniers professent un chiliasme exalté et un prophétisme apocalyptique annonçant l'instauration d'une « nouvelle Église ». Précisons que ces théories ne relèvent pas de la philosophie de Jacob Boehme mais témoignent de l'influence des idées de Joachim de Flore, alors très répandues en Angleterre. C'est ainsi que Lodowicke Muggleton (1609-1698) prêche la troisième dispension et évoque la « nouvelle Église » qui doit remplacer celle de Pierre. De son côté, Jane Lead (1623-1704), une disciple de Jacob Boehme qui bénéficie de visions sophianiques, avance dans Wonders of God's creation qu'après l'Ancien Testament qui a révélé le Père et le Nouveau Testament laissé par le Fils, arrive maintenant la troisième révélation, celle du Saint-Esprit, qui donnera la véritable révélation. Sous son influence naît en 1697 la Philadelphian Society, qui s'éloigne du boehmisme véritable et prend un caractère millénariste. Jane Lead est persuadée que la fin du monde est imminente, et la Philadelphian Society se veut une Église purifiée, celle du Millenium. Dans The Ascent of the Mount of Vision, elle évoque en des termes idylliques le règne de mille ans du Christ revenu sur la terre, étape préliminaire à la fin des temps.

Le départ vers l'Amérique

Ces préoccupations ne pouvaient laisser les amis de Johann Kelpius indifférents, et ils viennent rencontrer Jane Lead. Serge Hutin indique que les boehmistes anglais apportent leur aide financière et matérielle au groupe de Kelpius, facilitant ainsi leur voyage vers l'Amérique (17). En février 1694, les piétistes allemands embarquent à bord de la Sarah Maria. Après un voyage de cinq mois, le bateau accoste à Philadelphia, la cité de l'amour fraternel, fondée par le quaker William Penn quelques années plus tôt. Cette ville de Pennsylvanie regroupe des quakers, des mennonites et des Indiens qui s'efforcent de vivre en paix en cultivant la non-violence (18).

Peu après son arrivée, le groupe de Johannes Kelpius rejoint Germantown, une ville proche où vit une importante communauté allemande, et s'installe un peu plus loin, sur une crête surplombant la rivière Wissahickon. C'est là qu'il bâtit son centre, composé d'un ensemble de cellules et de pièces communes nécessaires à la vie monastique qu'il entend mener. Dans le temple appelé la « salle du Tabernacle », Johannes Kelpius s'efforce de rallier à ses idées les différents mouvements protestants de la région. Il installe son lieu de retraite personnel à l'écart des bâtiments de la communauté, dans une grotte qui est encore visible de nos jours à Fairmount Park.

La petite communauté a une vie spirituelle intense. Elle est aussi très active, et ses membres se consacrent à l'éducation des enfants. Ces piétistes sont instruits dans des domaines aussi variés que l'astronomie, la reliure ou l'horlogerie. Grâce à leurs connaissances en médecine et en pharmacie, ils installent le premier herbarium de Pennsylvanie. Ils construisent un observatoire astronomique sur l'un des bâtiments, pour scruter les signes annonçant le millenium que Johann Jacob Zimmermann a prévu pour 1694. Leurs connaissances en astronomie permettent la réalisation de l'un des premiers almanachs américains du XVIIIe siècle. Les documents découverts par Julius Friedrich Sachse montrent que Johannes Kelpius et ses disciples s'intéressent à l'astrologie, à la magie, qu'ils fabriquent des talismans ainsi que des pantacles, et s'adonnent à une sorte de théurgie. Il semble également que certains d'entre eux pratiquent l'alchimie (19). Cependant, comme la plupart des piétistes, Johannes Kelpius attache une importance fondamentale à la prière. À ce titre, il est l'auteur d'un magnifique traité intitulé A Short, Easy, and comprehensive Method of prayer (20), dont les principes rappellent ceux de « la prière du cœur » des orthodoxes.

La communauté prospère pendant une douzaine d'années. Cependant, le Millenium attendu ne se produit pas, et quelques frères souhaitent abandonner la vie monacale pour fonder une famille. Sous la direction de Heinrich Bernhard Köster (21), l'adjoint de Johannes Kelpius, une partie de ses membres se joignent à des quakers pour former The True Church of Philadelphia. Lorsque Johannes Kelpius meurt, en 1708, la communauté n'est plus guère active. Justus Falkner, l'un de ses plus proches collaborateurs, a lui-même quitté la vie monastique pour se marier. Johannes Seelig tente sans succès de diriger le groupe, mais se résout finalement à partir pour mener une vie d'anachorète. Conrad Matthaï lui succède quelque temps et prend le même chemin que son prédécesseur. Le groupe se dissout petit à petit.

Quelques années plus tard, en 1720, d'autres piétistes allemands, dirigés par Conrad Beissel, un boulanger, viennent s'installer à Cocalico Creek, près de Harrisburg. En 1737, ce leader organise une communauté d'hommes et de femmes célibataires appelée Communauté d'Ephrata. Leurs activités sont florissantes, car loin d'être reclus, certains membres sont très engagés dans les affaires, qu'il s'agisse de l'exploitation du bois, de la scierie, de la minoterie, de la fabrication du papier ou de l'imprimerie. Leurs activités spirituelles sont nombreuses, et ils sont renommés pour leur musique chorale et leurs hymnes. Après la mort de Conrad Beissel, la communauté se disperse pour disparaître à la fin du xviiie siècle. Cependant, la présence de ces mystiques a profondément marqué la Pennsylvanie.

Comme on vient de le montrer, les mystiques allemands qui ont émigré en Amérique ne sont pas à proprement parler des rosicruciens. Ce sont des piétistes fortement marqués par l'ésotérisme et le millénarisme.

Cependant, ils prennent racine dans la mouvance spirituelle de Tübingen, que l'on peut considérer comme le centre du rosicrucianisme du xviie siècle. On se souviendra que Sincerus Renatus (Samuel Richter), un pasteur luthérien qui se disait disciple de Paracelse et de Boehme, prétendait que les Rose-Croix avaient quitté l'Europe pour s'installer en Inde afin de pouvoir y vivre en paix (22). Or, comme on l'a vu, les piétistes de Halle y installèrent des communautés dès 1706, et on sait que dans l'esprit de beaucoup, les Amériques étaient encore considérées comme les Indes.

Johannes Kelpius et ses disciples faisaient donc partie de ceux qui, après le désastre de la Montagne Blanche et la guerre de Trente Ans, quittèrent l'Allemagne pour tenter d'instaurer en Amérique une société où règnent la paix et la fraternité, à l'image de celle qu'avaient ébauchée les Manifestes rosicruciens quelques dizaines d'années plus tôt. Il n'est donc pas invraisemblable de placer les piétistes de Pennsylvanie dans le sillage de la Rose-Croix.

Notes :

1. La revue The American Rosæ Crucis a été publiée de 1916 à 1920. Cromaat, publiée de 1919 à 1921, a été remplacée en janvier 1921 par The Triangle.En mai 1925, cette dernière est devenue The Mystical Triangle, pour évoluer, à partir d'octobre 1929, sous le titre de The Rosicrucian Digest .La plupart de ces revues furent mensuelles, et l'ensemble constitue une collection comportant plus de mille numéros.

2. Sachse, Julius Friedrich, The German Pietists of provincial Pennsylvania 1694-1708, p. 37-39.

3. Waite, Arthur E., The Brotherhood of the Rosy Cross, Londres, 1924, p. 601.

4. Hutin, Serge, Les disciples anglais de Jacob Boehme aux XVIIe et XVIIIe siècle, Paris, Denoël, coll. « la Tour Saint-Jacques », 1960, p. 119.

5. Sur ce mouvement, voir Les piétismes à l'âge classique, crise, conversion, institutions, sous la direction d'Anne Lagny, Villeneuve d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. «Racines et modèles », 2001.

6. Sur cette période trouble qui suit la publication des Manifestes rosicruciens, voir infra, chap. ix, « La Montagne Blanche ».

7. Faivre, Antoine, L'Ésotérisme au XVIIIe siècle, Paris, Seghers, 1973, p. 57-58.

8. Sur ce personnage, voir infra, chap. vi, « Johann Arndt ».

9. Mouvement spirituel né vers la fin du xive siècle aux Pays-Bas, sous l'influence de Gérard Groote (1340-1384), dans un milieu imprégné de la spiritualité de Maître Eckhart et de Ruysbroek. La Devotio moderna cherche à orienter la vie spirituelle vers la prière personnelle et l'ascèse intérieure. Ce mouvement se développa également en France et en Allemagne jusqu'au XVIe siècle. L'Imitation de Jésus-Christ, écrit par Thomas A. Kempis (1379/80-1471), livre caractéristique de ce mouvement, est, après la Bible, l'ouvrage le plus lu dans la chrétienté.

10. Edighoffer, Roland, « Utopie et sodalité selon Johann Valentin Andreae », Gnostica 3 – Esotérisme, gnose et imaginaire symbolique, mélanges offerts à Antoine Faivre, Richard Caron, Joscelyn Godwin, Wouter J. Hanegraaff et Jean-Louis Vieillard-Baron, Leuven, Peeter, 2001, p. 373-388.

11. Sur les relations entre ésotérisme et piétisme, voir Deghaye, Pierre, De Paracelse à Thomas Mann, les avatars de l'hermétisme allemand, Paris, Dervy, 2000, et du même auteur, l'article «Piétisme », Dictionnaire critique de l'ésotérisme, sous la direction de Jean Servier, Paris, PUF, 1998, p. 1044-1046.

12. Voir supra, chapitre 4, « L'ère du Saint-Esprit ».

13. Voir Merlau, Eleonor von, Glaubens Gespröche mit Gott (1691) et Petersen, Johann Wilhelm, Regnum Christi (1698).

14. Voir Bengel, Johann Albrecht, Ordo temporum (1741) et Cyclus, sive de anno magno Solis, Lunae, Stellarum consideratio (1745). Ses réflexions sur le sens du nombre 666 dans l'Apocalypse l'avaient amené à la conclusion que l'humanité vivait depuis 1143 sous l'emprise de la Bête et que la révélation finale était proche. Il pensait que l'année 1834 verrait le retour du Christ et l'instauration du Millenium.

15. Voir Faivre, Antoine, « Élie Artiste ou le Messie des Philosophes de la Nature », Aries, vol II, n° 2 et vol III, n° 1, Leiden et Boston, Brill Academia Publishers, 2002 et 2003, p. 119-152.

16. Sur les différents aspects du boehmisme dans ce pays, voir Hutin, Serge, Les disciples anglais de Jacob Boehme, op. cit.

17. Les Disciples anglais…, op. cit., p. 119-120.

18. Le mouvement quaker est né en 1652 en Angleterre autour de George Fox (1624-1691), et les mennonites sont des anabaptistes disciples du réformateur hollandais Menno Simonsz (1460-1561).

19. À propos de l'alchimie, Julius Friedrich Sachse évoque un rapport de Heinrich Melchior Mühlenberg aux piétistes de Halle. (Voir The german pietists…, op. cit., p. 148).

20. Kelpius, Johannes, A short, easy, and comprehensive method of prayer. Ce traité a été publié chez Christopher Witt, trs., à Philadelphie, en 1761.

21. Heinrich Bernhard Köster est lui-même l'auteur d'un texte millénariste, De Resurrectione Imperii Æternitatus (1697).

22. La vraie et parfaite préparation de la pierre philosophale par la Fraternité de l'ordre de la Rose-Croix d'or et de la Rose rouge... Breslau, 1710.

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MessageSujet: Re: PIETISTES, ROSICRUCIANISME ET FRANC-MACONNERIE   Lun 11 Fév - 9:20

Source : Notes :

1. La revue The American Rosæ Crucis a été publiée de 1916 à 1920. Cromaat, publiée de 1919 à 1921, a été remplacée en janvier 1921 par The Triangle.En mai 1925, cette dernière est devenue The Mystical Triangle, pour évoluer, à partir d'octobre 1929, sous le titre de The Rosicrucian Digest .La plupart de ces revues furent mensuelles, et l'ensemble constitue une collection comportant plus de mille numéros.

2. Sachse, Julius Friedrich, The German Pietists of provincial Pennsylvania 1694-1708, p. 37-39.

3. Waite, Arthur E., The Brotherhood of the Rosy Cross, Londres, 1924, p. 601.

4. Hutin, Serge, Les disciples anglais de Jacob Boehme aux XVIIe et XVIIIe siècle, Paris, Denoël, coll. « la Tour Saint-Jacques », 1960, p. 119.

5. Sur ce mouvement, voir Les piétismes à l'âge classique, crise, conversion, institutions, sous la direction d'Anne Lagny, Villeneuve d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. «Racines et modèles », 2001.

6. Sur cette période trouble qui suit la publication des Manifestes rosicruciens, voir infra, chap. ix, « La Montagne Blanche ».

7. Faivre, Antoine, L'Ésotérisme au XVIIIe siècle, Paris, Seghers, 1973, p. 57-58.

8. Sur ce personnage, voir infra, chap. vi, « Johann Arndt ».

9. Mouvement spirituel né vers la fin du xive siècle aux Pays-Bas, sous l'influence de Gérard Groote (1340-1384), dans un milieu imprégné de la spiritualité de Maître Eckhart et de Ruysbroek. La Devotio moderna cherche à orienter la vie spirituelle vers la prière personnelle et l'ascèse intérieure. Ce mouvement se développa également en France et en Allemagne jusqu'au XVIe siècle. L'Imitation de Jésus-Christ, écrit par Thomas A. Kempis (1379/80-1471), livre caractéristique de ce mouvement, est, après la Bible, l'ouvrage le plus lu dans la chrétienté.

10. Edighoffer, Roland, « Utopie et sodalité selon Johann Valentin Andreae », Gnostica 3 – Esotérisme, gnose et imaginaire symbolique, mélanges offerts à Antoine Faivre, Richard Caron, Joscelyn Godwin, Wouter J. Hanegraaff et Jean-Louis Vieillard-Baron, Leuven, Peeter, 2001, p. 373-388.

11. Sur les relations entre ésotérisme et piétisme, voir Deghaye, Pierre, De Paracelse à Thomas Mann, les avatars de l'hermétisme allemand, Paris, Dervy, 2000, et du même auteur, l'article «Piétisme », Dictionnaire critique de l'ésotérisme, sous la direction de Jean Servier, Paris, PUF, 1998, p. 1044-1046.

12. Voir supra, chapitre 4, « L'ère du Saint-Esprit ».

13. Voir Merlau, Eleonor von, Glaubens Gespröche mit Gott (1691) et Petersen, Johann Wilhelm, Regnum Christi (1698).

14. Voir Bengel, Johann Albrecht, Ordo temporum (1741) et Cyclus, sive de anno magno Solis, Lunae, Stellarum consideratio (1745). Ses réflexions sur le sens du nombre 666 dans l'Apocalypse l'avaient amené à la conclusion que l'humanité vivait depuis 1143 sous l'emprise de la Bête et que la révélation finale était proche. Il pensait que l'année 1834 verrait le retour du Christ et l'instauration du Millenium.

15. Voir Faivre, Antoine, « Élie Artiste ou le Messie des Philosophes de la Nature », Aries, vol II, n° 2 et vol III, n° 1, Leiden et Boston, Brill Academia Publishers, 2002 et 2003, p. 119-152.

16. Sur les différents aspects du boehmisme dans ce pays, voir Hutin, Serge, Les disciples anglais de Jacob Boehme, op. cit.

17. Les Disciples anglais…, op. cit., p. 119-120.

18. Le mouvement quaker est né en 1652 en Angleterre autour de George Fox (1624-1691), et les mennonites sont des anabaptistes disciples du réformateur hollandais Menno Simonsz (1460-1561).

19. À propos de l'alchimie, Julius Friedrich Sachse évoque un rapport de Heinrich Melchior Mühlenberg aux piétistes de Halle. (Voir The german pietists…, op. cit., p. 148).

20. Kelpius, Johannes, A short, easy, and comprehensive method of prayer. Ce traité a été publié chez Christopher Witt, trs., à Philadelphie, en 1761.

21. Heinrich Bernhard Köster est lui-même l'auteur d'un texte millénariste, De Resurrectione Imperii Æternitatus (1697).

22. La vraie et parfaite préparation de la pierre philosophale par la Fraternité de l'ordre de la Rose-Croix d'or et de la Rose rouge... Breslau, 1710.

Source : Notes :

1. La revue The American Rosæ Crucis a été publiée de 1916 à 1920. Cromaat, publiée de 1919 à 1921, a été remplacée en janvier 1921 par The Triangle.En mai 1925, cette dernière est devenue The Mystical Triangle, pour évoluer, à partir d'octobre 1929, sous le titre de The Rosicrucian Digest .La plupart de ces revues furent mensuelles, et l'ensemble constitue une collection comportant plus de mille numéros.

2. Sachse, Julius Friedrich, The German Pietists of provincial Pennsylvania 1694-1708, p. 37-39.

3. Waite, Arthur E., The Brotherhood of the Rosy Cross, Londres, 1924, p. 601.

4. Hutin, Serge, Les disciples anglais de Jacob Boehme aux XVIIe et XVIIIe siècle, Paris, Denoël, coll. « la Tour Saint-Jacques », 1960, p. 119.

5. Sur ce mouvement, voir Les piétismes à l'âge classique, crise, conversion, institutions, sous la direction d'Anne Lagny, Villeneuve d'Ascq, Presses universitaires du Septentrion, coll. «Racines et modèles », 2001.

6. Sur cette période trouble qui suit la publication des Manifestes rosicruciens, voir infra, chap. ix, « La Montagne Blanche ».

7. Faivre, Antoine, L'Ésotérisme au XVIIIe siècle, Paris, Seghers, 1973, p. 57-58.

8. Sur ce personnage, voir infra, chap. vi, « Johann Arndt ».

9. Mouvement spirituel né vers la fin du xive siècle aux Pays-Bas, sous l'influence de Gérard Groote (1340-1384), dans un milieu imprégné de la spiritualité de Maître Eckhart et de Ruysbroek. La Devotio moderna cherche à orienter la vie spirituelle vers la prière personnelle et l'ascèse intérieure. Ce mouvement se développa également en France et en Allemagne jusqu'au XVIe siècle. L'Imitation de Jésus-Christ, écrit par Thomas A. Kempis (1379/80-1471), livre caractéristique de ce mouvement, est, après la Bible, l'ouvrage le plus lu dans la chrétienté.

10. Edighoffer, Roland, « Utopie et sodalité selon Johann Valentin Andreae », Gnostica 3 – Esotérisme, gnose et imaginaire symbolique, mélanges offerts à Antoine Faivre, Richard Caron, Joscelyn Godwin, Wouter J. Hanegraaff et Jean-Louis Vieillard-Baron, Leuven, Peeter, 2001, p. 373-388.

11. Sur les relations entre ésotérisme et piétisme, voir Deghaye, Pierre, De Paracelse à Thomas Mann, les avatars de l'hermétisme allemand, Paris, Dervy, 2000, et du même auteur, l'article «Piétisme », Dictionnaire critique de l'ésotérisme, sous la direction de Jean Servier, Paris, PUF, 1998, p. 1044-1046.

12. Voir supra, chapitre 4, « L'ère du Saint-Esprit ».

13. Voir Merlau, Eleonor von, Glaubens Gespröche mit Gott (1691) et Petersen, Johann Wilhelm, Regnum Christi (1698).

14. Voir Bengel, Johann Albrecht, Ordo temporum (1741) et Cyclus, sive de anno magno Solis, Lunae, Stellarum consideratio (1745). Ses réflexions sur le sens du nombre 666 dans l'Apocalypse l'avaient amené à la conclusion que l'humanité vivait depuis 1143 sous l'emprise de la Bête et que la révélation finale était proche. Il pensait que l'année 1834 verrait le retour du Christ et l'instauration du Millenium.

15. Voir Faivre, Antoine, « Élie Artiste ou le Messie des Philosophes de la Nature », Aries, vol II, n° 2 et vol III, n° 1, Leiden et Boston, Brill Academia Publishers, 2002 et 2003, p. 119-152.

16. Sur les différents aspects du boehmisme dans ce pays, voir Hutin, Serge, Les disciples anglais de Jacob Boehme, op. cit.

17. Les Disciples anglais…, op. cit., p. 119-120.

18. Le mouvement quaker est né en 1652 en Angleterre autour de George Fox (1624-1691), et les mennonites sont des anabaptistes disciples du réformateur hollandais Menno Simonsz (1460-1561).

19. À propos de l'alchimie, Julius Friedrich Sachse évoque un rapport de Heinrich Melchior Mühlenberg aux piétistes de Halle. (Voir The german pietists…, op. cit., p. 148).

20. Kelpius, Johannes, A short, easy, and comprehensive method of prayer. Ce traité a été publié chez Christopher Witt, trs., à Philadelphie, en 1761.

21. Heinrich Bernhard Köster est lui-même l'auteur d'un texte millénariste, De Resurrectione Imperii Æternitatus (1697).

22. La vraie et parfaite préparation de la pierre philosophale par la Fraternité de l'ordre de la Rose-Croix d'or et de la Rose rouge... Breslau, 1710.

Source : http://www.rose-croix.org/histoire/histoire15.html

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Et veillez à avoir la foi, l'espérance et la charité; alors vous abonderez toujours en bonnes oeuvres. En souvenir des Néphites qui présidaient aux cérémonies initiatiques dans la forêt de Zarahemla et qui en fut le secret... DAT ROSA MEL APIBUS
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